Manipulation de sang humain

La personne ressource


Votre ACMO vous aidera pour l'analyse du risque, les mesures de prévention et la procédure en cas d'AES (accident exposant au sang).

L'obtention des échantillons de sang


L'EFS ( Établissement Français du Sang) peut nous fournir du sang qualifié (= dans lequel on a vérifié l'absence de certains virus) ou du sang en cours de qualification. On réserve ce dernier aux expérimentations qui nécessitent du sang "frais".

On peut également obtenir du sang auprès d'un service hospitalier lorsqu'on a besoin de caractéristiques particulières liées par exemple à une pathologie (infectieuse ou non).

Enfin les prélèvements peuvent venir de pays étrangers dans lesquels les structures sanitaires sont précaires et les maladies endémiques fort différentes de celles des pays européens.

Ce qu'on a l'habitude d'appeler " autoprélèvement" (prélèvement de sang sur un membre du laboratoire pour les besoins du laboratoire) est interdit.

L'analyse du risque


Beaucoup d'agents pathogènes peuvent être présents dans le sang humain. Évidemment ils sont tous a priori transmissibles à l'homme.

Le sang qualifié a été testé pour ne pas être porteur d'anticorps anti-VIH (1 et 2) ou anti-Virus Hépatite C et d'antigène HBs (Hépatite B). Ces tests ne disent rien quant à la présence d'autres pathogènes, ni quant à une infection très récente par les virus HIV, HCV et HBV. Ce sang représente donc un risque biologique potentiel.

Lorsque la qualification est en cours, le sang doit être considéré encore plus comme potentiellement dangereux ; les résultats de la qualification permettent seulement de gagner des heures précieuses en cas d'AES.

Ce n'est pas parce qu'il provient d'un service hospitalier qu'un échantillon de sang est sans risque. Au contraire, en plus des pathogènes dont la présence peut être silencieuse, il existe également le risque de la contamination par des souches nosocomiales (multirésistantes aux antibiotiques par exemple).

Pour les prélèvements venant de l'étranger, il faut tenir compte des conditions sanitaires du pays d'origine. En particulier, lors de toute consultation d'un médecin, il vous faudra rappeler que vous travaillez sur des prélèvements étrangers. Le diagnostic d'une contamination par une éventuelle maladie rare sous nos latitudes sera alors plus rapide.

Les gestes qui présentent le plus de risque sont :

  • le transport dans un emballage non sécurisé
  •    
  • la réception et l'ouverture du colis et des échantillons
  •    
  • les manipulations (pipetage, mélange, centrifugation, culture…)
  •    
  • le lavage du matériel souillé et réutilisable.     
  

Les mesures de prévention


Lorsqu'on s'adresse à un service hospitalier pour avoir un sang à caractéristiques particulières, il est nécessaire de faire avec lui le tour des éléments de risque dont il a connaissance. On peut ainsi mettre au point les conditions d'un tri des échantillons afin de ne pas recevoir du sang dont on sait ou soupçonne qu'il est porteur de tel ou tel pathogène.

Le sang humain doit être manipulé en L2 (réglementation européenne), avec une blouse et des gants latex et sous un PSM. Il sera centrifugé en tubes fermés ou dans des nacelles étanches ; les tubes y seront placés ou enlevés uniquement sous le PSM.

Attention lors de l'utilisation de matériel coupant ou piquant (par exemple lors de l'ouverture des poches de sang).

Les déchets sont triés comme DASRI et sont inactivés avant leur collecte.

 

L'accident exposant au sang


En cas d'AES, il doit y avoir au laboratoire une procédure à suivre IMMÉDIATEMENT avec consultation d'un médecin référent. Il est important de consulter cette procédure avant de travailler avec du sang humain, plutôt qu'après l'accident, dans la panique…


  

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